Lundi 27 mai, j’ai eu le plaisir, que dis-je, le pur bonheur de retourner voir Denez en concert.

Je l’ai vu pour la première fois, j’avais 18 ans, et depuis, ma passion pour cette voix unique n’a jamais cessé.

Des concerts, j’en ai vus. Beaucoup. De tous les styles, de toutes les ampleurs, de la plus modeste à la plus grandiose. Je me souviens d’avoir vu les Rita Mitsouko en concert “privé” à l’Opus café, ça devait être en 1996 je crois. Nous devions être 100 tout au plus. Orchestration minimaliste, voix de dingue. Un moment incroyable. Bjork aussi, qui vous colle au siège avec sa voix phénoménale. Là,  aussi, nous devions être 200 tout au plus. Elle jouait ce soir-là avec un orchestre symphonique. C’était majestueux. Et puis bien sur, j’ai vu des concerts où nous étions au moins 500, 10000 et même plus …

J’en ai vu des concerts. Des centaines, depuis que je suis en âge d’y aller et encore plus depuis que je conduis. Et pourtant, j’ai vu Denez pour la première fois en 1999 (pour Me ‘zalc’h ennon ur fulenn aour) et c’est malgré tout comme si c’était hier même si c’était il y a dix-huit ans. Je crois que je n’oublierais jamais l’émotion et ce puissant frisson ressentis quand j’ai entendu les premières intonations s’élever dans la salle. Toute l’assemblée était subjuguée.

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De tous les artistes que j’ai pu entendre chanter “pour de vrai” (si tant est qu’on puisse dire d’un artiste qu’il l’est quand il ne chante pas en direct, mais c’est un autre sujet …), Denez est le seul qui me fasse autant vibrer, le seul capable de me prendre aux tripes, à chaque fois, de manière systématique. Cette manière qu’il a d’emmener ses auditeurs dans un voyage majestueux et puissant,  cet apaisement mêlé à de la colère, sont autant de raisons d’aimer à ce point sa musique.

Ma passion pour cet artiste hors-normes n’a pas de borne. Et même si j’écoute parfois d’autres musiques, c’est toujours vers la sienne que je retourne.

Hier soir donc, j’ai eu la chance d’assister au concert de Denez au Pan Piper à Paris. Et tout était réuni pour que ce soit parfait. Et sans nul doute, ça l’a été. Je ne connaissais pas cette salle, et quelle ne fût pas ma surprise de voir qu’elle était vraiment toute petite et ce pour mon plus grand plaisir, car je pense que plus la salle est cosy, plus le plaisir de l’écoute est grand. Intimiste et feutrée, une salle parfaite, avec un recul de dix-quinze mètres maximum. Quoi de mieux pour profiter pleinement d’un artiste que de ne pas avoir à prendre des jumelles pour le regarder …

Denez Prigent Pan Piper

Le concert a eu à peu de choses près la set-list de la tournée actuelle pour l’album Ul liorzh vurzhudus et s’est ouvert avec Krediñ ‘raen. C’est un Denez en forme et souriant qui est apparu. Jovial je dirais même. Il a enchaîné tous les titres, avec les classiques interludes humoristiques (je ne me lasse pas de l’histoire du bistrot et de l’église) mais également avec les petites histoires, plus mais surtout moins drôles. Beaucoup de cocasserie, mais aussi beaucoup de sérieux.

Force est de constater qu’à nouveau le régisseur Nicolas Rouvière a fait un travail fabuleux sur le son du concert. Quelle acoustique magnifique !

Voir Denez en live, c’est se prendre une claque, tout simplement. Parce que sa voix unique, atypique mais surtout tellement puissante vous bouleverse, parce que sa posture sur scène, sa gestuelle tout en tension (il faut regarder ses mains), mais aussi sa complicité avec les musiciens, sont admirables, tout simplement.

Denez Prigent Pan Piper

J’ai particulièrement aimé le concert d’hier soir. Pour le son parfait, pour la salle intimiste, pour la belle humeur de Denez, pour les musiciens si doués, qui fonctionnent tellement bien ensemble. Et puis nous avons eu le bonheur d’avoir deux rappels, en pur a cappella. C’est ça, la force des vrais artistes. Chanter. Sans artifice.

En fait, quand les salles sont si petites, c’est un peu comme un privilège. J’aime à penser que l’artiste n’est là que pour chaque personne dans la salle et donc, par continuité, que l’artiste n’est là que pour moi. Se glisser comme une bulle et passer un moment hors du temps, en tête-à-tête musical. Profiter pleinement du moment présent, et le rendre unique pour soi. L’imprimer au mieux dans sa mémoire.

Hier soir, il y avait 197 personnes à ce concert, mais … Denez n’était là (presque) que pour moi. J’aime à le croire.

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