“Le bon air marin” • Film • 2017 •

On ne raconte pas les mêmes histoires que l’on vive en milieu urbain ou en bord de mer. La mémoire du lieu, le rythme des journées, la météo, tout compte.
Trois artistes, auteurs-compositeurs-interprètes ont accepté de dévoiler en quoi ce bord de mer, en l’occurrence, la Manche au nord de la baie de Morlaix près de Locquirec, guide, influence et détermine leur art.
Denez Prigent, Thomas Fersen et Jean-Pierre Riou nous emmènent à la pêche à pied, en haut d’un phare, et dans ces endroits lumineux et énigmatiques qui font la Bretagne maritime.
Et pour la fin, une surprise, un cadeau, de l’inattendu en forme d’hommage éternel.
Source texte de présentation : dossier de presse.

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A l’occasion de la sortie du film “Le bon air marin” le 13 mai 2017, Bernadette Bourvon, réalisatrice, a eu le gentillesse de répondre à quelques questions… Voici cet entretien.
Bonjour Bernadette et merci beaucoup de prendre le temps de répondre à ces quelques questions … Tout d’abord, comment est née l’idée de ce film ?
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   J’ai toujours pensé que le lieu où l’on vit influence notre état d’esprit et toute notre vie finalement. Quand on est artiste, on en fait quelque chose, de ce lieu. Du moins c’est la question que je me suis posée. Et la réponse est dans le film!
Comment avez-vous décidé du choix des protagonistes de votre film ?
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   A partir du moment où j’ai appris que Denez, Thomas et Jean-Pierre vivaient dans le même coin, en gros au nord de la Baie de Morlaix j’avais fait mon choix. Ce sont des artistes différents, dans des styles différents et pourtant ils regardent les mêmes paysages . Restait à savoir comment et  à les convaincre, mais il faut croire que j’avais les bons  arguments puisqu’ils ont dit oui. Et puis c’était tellement enthousiasmant, pour moi, de réunir pour la première fois trois artistes que j’apprécie dans un même film. Une chance incroyable!
Comment s’est passé le tournage de votre film ? Une ambiance studieuse ou bien détendue ?
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   Mieux vaut préparer les choses en amont pour être vraiment à ce que l’on fait au moment du tournage. Donc on essaie d’arriver détendu mais on est pas en vacances non plus. Je privilégie toujours une bonne ambiance entre l’équipe de tournage et les personnes que l’on filme. Je ne pense pas que l’agressivité ou le fait de pousser les gens dans leurs retranchements, surtout quand comme ici il s’agit de choses intimes, soit une bonne méthode. Tout le monde doit se sentir en confiance. Donc c’est studieux, et détendu.
Quelle est votre méthode de travail ? Les entretiens / scènes sont-ils libres ou scriptés ?
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   Je laisse une totale liberté aux intervenants, je ne suis pas du tout directive. Je n’essaie pas de convaincre mes interlocuteurs de quoi que ce soit, je fais des suggestions. Et je ne fais pas d’interviews, je fais la conversation, comme on le fait dans la vie au quotidien.  La vie des gens m’intéresse vraiment, je ne fais pas semblant pour les besoins d’un film.   Après c’est vraiment un travail d’équipe. On définit ensemble l’endroit, l’action s’il y en a une, mais je ne pars pas en voulant que les intervenants me disent à tout prix telle ou telle chose. C’est du documentaire, pas de la fiction. Et puis je dois être la première surprise, je suis la première spectatrice.
“Je dois être la première surprise, je suis la première spectatrice.”
Quels sont les points que vous avez principalement souhaité mettre en exergue ?
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   Aucun. La seule “contrainte”  c’est  faire des choix pour des tas de raisons, de cohérence, de progression, et aussi de temps, là on avait 26′, pas trois heures. J’ai entendu un grand réalisateur récemment dire que dans un documentaire il faisait 50% du chemin, le spectateur faisait les autres 50%. Je suis d’accord avec lui. Un bon film est à mon avis un film auquel vous repensez par la suite, qui vous fait vous poser des questions et vous donne envie d’en savoir plus.
Auriez-vous une anecdote de tournage ?
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    On a beaucoup ri pendant le tournage. Je connais maintenant une collection d’histoires drôles sur la pingrerie des Léonards, mais je ne les raconte pas aussi bien que Denez, je suis Cornouaillaise donc … nous la pingrerie on ne connaît pas.
Quel sera le prochain sujet de reportage auquel vous vous intéresserez ?
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   Je m’intéresse à l’imaginaire et à la réalité des quais portuaires. En gros j’aimerais parler de ceux qui travaillent ou vivent sur les quais, mais ne partiront jamais, ne prendront jamais la mer, pour des motifs très différents. Une phrase de Fernando Pessoa résume bien mon intention : A la veille de ne jamais partir...
Bernadette Bourvon tient à remercier Nicolas Rouvière du Studio Le Chausson à Plestin-les-Grèves.

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Bernadette Bourvon est réalisatrice de documentaires et chroniqueuse pour France Télévisions. Elle collabore régulièrement à Littoral, le magazine de la mer produit par France 3 Ouest et a obtenu le Prix Circom 2014 pour son reportage La Fabrique des lampes tempêtes. Elle est également la chroniqueuse Bretagne pour l’émission quotidienne Midi en France sur France 3.

Gortozaran.com tient à remercier Bernadette Bourvon pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Clichés fournis par Aligal Production et Bernadette Bourvon.

Source texte de présentation et bio : dossier de presse.

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